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Nouvelles Radio-KanKan
mardi, 13. février 2007 21:45 (CET)
Guinée: le couvre-feu et la fermeture de l'aéroport entravent les soins d'urgenc
auteur MÉDECINS SANS FRONTIÈRES
Médecins Sans Frontières
Depuis samedi, l'organisation médicale internationale Médecins sans Frontières (MSF) a traité près de 355 personnes blessées lors de manifestations et d'émeutes à Conakry et Guéckédou. La majorité d'entre elles ont été victimes de blessures par balles. En prévision de nouvelles manifestations, MSF s'était préparée avant le week-end à assurer, si nécessaire, une assistance médicale d'urgence dans le centre de santé de Matam à Conakry, et dans l'hôpital de Guéckédou. Dans ces deux structures, MSF mène des projets de mise sous traitement des malades du sida.
Dans le centre de santé de Matam, déjà doté d'un service des urgences, MSF a installé deux tentes supplémentaires pour augmenter les capacités de prise en charge des blessés, et cinq personnels médicaux supplémentaires sont arrivés pour renforcer l'équipe. Les blessés légers sont traités dans le centre de santé, tandis que les blessés graves sont transférés à l'hôpital de Donka, capable de pratiquer des interventions interventions chirurgicales plus complexes.
D'autre part, depuis le samedi 10 février, plus de 275 blessés ont été pris en charge à l'hôpital de Donka de Conakry où on a aussi dénombré 37 décès.
Il reste aujourd'hui 60 patients toujours hospitalisés sur les 111 pris en charge en hospitalisation par les équipes médicales guinéennes et renforcées par la présence de volontaires de MSF. Un approvisionnement en médicament et en matériel médical a pu être assuré pour la prise en charge des blessés et le service d'urgence de l'hôpital bénéficie maintenant d'un approvisionnement constant en eau potable. MSF contribue également à la distribution de nourriture effectuée auprès des patients de l'hôpital. Enfin, MSF fournit aussi un appui au transport des blessés jusqu'à l'hôpital en ambulance. La circulation des véhicules d'urgence reste cependant assez limitée en raison des difficultés liées au processus d'obtention de laissez-passer. Ces documents, émis par les autorités militaires qui contrôlent tous les mouvements, sont absolument indispensables pour effectuer les opérations de secours d'urgence auprès des blessés.
«A Matam, ces dernières 24 heures, nous avons reçu plus de 47 blessés par balles », explique Sergio Martin, chef de mission MSF en Guinée. « Désormais, nous sommes très inquiets des conséquences possibles de la loi martiale décrétée lundi soir. Elle prévoit un couvre-feu qui n'autorise les déplacements que de 16h et 20h. Si nous ne pouvons pas circuler entre les structures de santé, comment allons-nous faire pour transporter les patients qui ont besoin d'être suivis par un médecin spécialiste ? Nous n'avons pour l'heure pas encore pu obtenir de dérogation. »
Lundi 12 février, des manifestations violentes ont également éclaté dans la ville de Guéckédou, située près de la frontière avec le Libéria. Dans l'après-midi, 7 blessés sont arrivés à l'hôpital local.
Voici un mois, lors d'une première vague de manifestations, MSF avait déjà renforcé ses capacités de réponse médicale d'urgence sur Conakry. MSF avait fourni au centre de santé de Matam deux kits chirurgicaux, permettant chacun de soigner 150 blessés, ainsi que des pansements pour 200 autres blessés et de quoi prendre en charge 160 brûlés.
« Nous sommes aussi inquiets pour les 1 200 patients suivis dans nos projets VIH/sida », ajoute Sergio Martin. « Ils doivent se rendre régulièrement dans nos centres pour récupérer leur traitement antirétroviral et recevoir les soins nécessaires. Mais l'insécurité actuelle et le couvre-feu les empêchent de se déplacer. Certains risquent donc des interruptions temporaires de traitement, aux conséquences potentiellement désastreuses pour leur santé.
Avec la fermeture, depuis ce week-end, de l'aéroport de Conakry, il est quasiment impossible aux organisations humanitaires d'acheminer des équipes d'urgence et du matériel en Guinée.
Bruxelles/Genève/Conakry, le 13 février 2007
Ceci est un communiqué de presse de Médecins Sans Frontières (MSF)
Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la Presse Panafricaine.
Kerfalla Camara:: En cas de résistance, de menace ou d'attaque, les patrouilles, en légitime défense, peuvent faire usage de leurs armes" mais "toute violence non justifiée sera sanctionnée conformément au règlement militaire", a-t-il ajouté. Lundi, les locaux d'une radio privée, FM Liberté, avaient été saccagés par des membres de la garde présidentielle qui avaient arrêté un journaliste et un technicien.
"Il ne pense pas au pays. Lorsque tout un peuple se lève contre toi, tu dois lui offrir quelque chose", a déclaré M. Bâ, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et porte-parole d'un groupe de 14 partis d'opposition. "Il n'a pris aucune précaution pour sceller la réconciliation avant de prendre un tel décret. Il n'a pas présenté de condoléances aux familles éplorées. Il est dégoûtant", s'est-il exclamé.